Editorial

par François Brunagel
Président de DECERE

En attente d'Europe !

Plus que jamais les événements interpellent l'Europe : la crise sanitaire qui a rebondi avec ses conséquences économiques et sociales, le terrorisme international, véritable menace pour notre civilisation, les élections américaines dans un contexte international instable et menaçant, sans parler du Brexit qui est imminent.

Nous sommes tous concernés, aucun État n'est épargné et nous devons chercher des réponses collectives. Déjà sensibilisés à la mondialisation, pour l'apprécier ou la critiquer, sur le plan économique et commercial, les circonstances nous en font encore davantage prendre conscience, avec force et parfois avec violence : la pandémie est mondiale, le risque terroriste est présent sous toutes les latitudes, des puissances gouvernées par des idéologies expansionnistes et des volontés impérialistes rendent le monde instable et dangereux.

Face à cela, nos concitoyens attendent des réponses dont ils savent qu'elles ne peuvent être nationales. Ils veulent des réponses européennes.

Focalisés sur le périmètre national, les médias rendent mal compte de l'engagement de l'Europe sur tous les fronts.

Dans une remarquable Déclaration, le Conseil de l'Europe, sous l'impulsion de la présidence grecque, a rappelé que "la Convention européenne des Droits de l'Homme (dont on célèbre les 70 ans), en définissant les droits de l’homme auxquels aucune dérogation ne peut être faite, fixe clairement des « lignes rouges » infranchissables, même en période de grave crise de santé publique".

De son côté, le Parlement européen et le Conseil de l'Union, sous la présidence de l'Allemagne, ont trouvé un accord sur le budget de l'Union pour la période 2021-2027 qui permettra la mise en œuvre du plan de relance arrêté au mois de juillet et qui constitue une avancée politique majeure, puisque, pour la première fois, l'Union va emprunter en commun. Sur le front de la lutte contre la Covid aussi, on a appris. Les réactions des gouvernements (couvre-feu, confinement) sont encore disparates, mais les frontières de l'espace Schengen sont cette fois restées ouvertes et la solidarité transfrontalière dans l'accueil de malades fonctionne. Face au terrorisme, les 27 renforcent la coopération policière et les contrôles aux frontières extérieures et prennent les mesures pour lutter contre les messages haineux des médias sociaux.

Les chantiers à gérer ensemble sont nombreux et les citoyens attendent de l'Europe, - parce qu'elle est, au-delà d'un projet économique, fondamentalement un projet politique -, qu'elle développe une véritable stratégie pour la paix et le développement. L'élection de Joe Biden ouvre un espoir nouveau de relance d'un partenariat équilibré avec les États-Unis : "Les États-Unis ont besoin de l'Europe", avait-il déclaré devant le Parlement européen, en 2010, en tant que Vice-président des USA. L'Europe, pour être à la hauteur de cette invitation, doit assumer pleinement ses responsabilités, en tant que "pilier européen" de la défense commune. "Nous ne regardons pas une Europe forte et unie comme une rivale, mais comme une associée" avait déclaré J.F. Kennedy dès 1962.

Il reste du chemin à parcourir ! L'Union européenne, qui a démontré sa cohésion dans la difficile épreuve du Brexit, sera un "partenaire" crédible et un acteur international fiable, si elle est forte de son unité et de la fidélité à ses valeurs.

Décembre 2020-Février 2021

Toute l'équipe de DECERE vous offre ses meilleurs voeux pour 2021.

Association DECERE

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67000 Strasbourg