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Transition écologique et bien commun


Revoir la conrence du 17 mars, 19h30, Par Dominique Coatanea

(Centre Sèvres - Facultés jésuites de Paris),

docteure en Théologie morale et éthique, Maître de conférences (Centre Sèvres), diplômée de Sciences-Po, membre de Justice et Paix France, Vice- Présidente de l’Association des théologiens pour l’étude de la morale (ATEM).

 

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Présentation de la soirée : Le contexte contemporain d'"anthropocène", comme nouvelle ère géologique au sein de laquelle les activités humaines ont un impact sur les équilibres écosystémiques, invite à reprendre les éléments structurants d'une dynamique du bien commun. Le pape François souligne combien "l'interdépendance nous oblige à penser à un monde unique, à un projet commun" (Laudato Si' n° 164). Nous proposerons un déploiement de la dynamique du bien commun à partir de la vertu d'hospitalité : nous sommes des hôtes de la "maison commune" , gardiens et passeurs responsables, de générations en générations.

 

D. Coatanea est l'auteure de : « Le défi actuel du bien commun dans la doctrine sociale de l'Église. Études à partir de l'approche de Gaston Fessard s.j. »,

Ed. Lit-Verlag , coll. "Études de théologie et d'éthique" vol. 10, Zurich , 2016.

LA NOTION DE 'BIEN COMMUN', ELEMENTS POUR LA REFLEXION:

"À côté du bien individuel, il y a un bien lié à la vie en société: le bien commun. C’est le bien du ‘nous-tous’, constitué d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui forment une communauté sociale. Ce n’est pas un bien recherché pour lui-même, mais pour les personnes qui font partie de la communauté sociale et qui, en elle seule, peuvent arriver réellement et plus efficacement à leur bien" (Benoît XVI Caritas in Veritate, n°7.

Dominique Coatanea fait remarquer qu'avec le Pape François, on ouvre une perspective écosystémique en liant bien commun et écologie intégrale : « Les défis contemporains d’articulation entre justice et charité sont élargis par le pape François aux dimensions du cosmos. Son encyclique Laudato si' (2015) porte un regard aiguisé sur les défis qui assaillent « notre maison commune » et ouvre les voies pour un renouveau de la notion de bien commun comme principe unificateur de l’éthique sociale.

Son insistance porte sur le caractère écosystémique des relations d’interdépendance au sein desquelles les quatre relations structurantes du réel sont intimement liées : avec soi-même, les autres, le cosmos et Dieu. Lorsqu’une de ces relations est abîmées, l’ensemble est affecté ». (cf. Dominique Coatanea, Bien commun | DSC (doctrine-sociale-catholique.fr).

 

 

Pour découvrir Dominique Coatanea (extraits)

En entreprise comme à l’université ou à l’hôpital, Dominique Coatanéa, docteur en théologie morale, construit pas à pas une éthique commune susceptible d’être entendue de tous. Pour cela, une condition : être à l’écoute de tous, « comme Dieu, père de tous ».

Un parcours professionnel diversifié

En tout cas, depuis sa naissance en 1963 au fond de la Cerdagne, au pied des Pyrénées, son ascension, ou plutôt son chemin, vers les hautes sphères ecclésiales et universitaires n’était pas tracée d’avance.

Et rien, ou si peu, ne distingue aujourd’hui cette quinquagénaire juvénile de la « campus manager » ou de la responsable DRH ou marketing qu’elle fut, en son temps, à la SNCF. (...)

Le courage de l’inconvenance

Dominique Coatanéa le reconnaît bien volontiers : il y a toujours eu comme une petite lumière ignatienne dans sa vie. Jusqu’à sa thèse, soutenue le 26 novembre 2013 à la faculté jésuite du Centres Sèvres (Paris), dirigée par le P. Alain Thomasset sj et consacrée à « l’enseignement social de l’Église et (au) défi actuel du bien commun, à partir de l’approche du P. Gaston Fessard sj ». (...)

Être attentive à la bonté

En fait, elle n’a peur de rien, Dominique. Elle a cinq enfants et en a accueilli un sixième. Elle considère aujourd’hui qu’« il n’existe pas de pessimisme anthropologique », que « l’homme n’est pas un loup pour l’homme », que « si l’homme accepte sa fragilité, sa vulnérabilité, une relation bienfaisante peut se dire ».

Elle est attentive au « travail souvent inaperçu de la bonté à l’œuvre », aux « figures lumineuses des passeurs, qui travaillent la réalité ».

Confrontée à la désillusion de la génération qui l’a précédée, dont on dit qu’elle a voulu changer le monde, mais que finalement, c’est le monde qui l’a changée, elle rétorque : « Nous ne changerons pas ce monde, mais nous savons que Dieu y est à l’œuvre. Cela passe par nous, mais cela ne nous appartient pas. Il nous appartient de dire qu’une anthropologie relationnelle positive est possible. Face à la liberté de l’autre, on ne peut que ne pas désespérer. »

Sortir des comportements négatifs

Ce ne sont pas là propos de dame en chambre. Ses enseignements en éthique publique ont amené Dominique Coatanéa sur le terrain, qu’elle avait déjà longuement pratiqué à la SNCF. Déjà là-bas, se souvient-elle, « on me disait que rien ne pourrait jamais changer ».

À France Télécom, alors fracturée par les suicides, avec les syndicats et le soutien de théâtreux, elle a pu « mettre en mots les souffrances, aider à prendre de la distance », et finalement « réentendre que la vie était possible ».

De même, face à ses étudiants en école de commerce, englués dans des stages formatés par la rentabilité immédiate et les résultats obligatoires, elle a pu risquer la question du sens.

« Confrontés à l’émulation négative dont ils souffraient, ils ont pris conscience que certains types de structuration du travail induisent des comportements négatifs. À partir de là, ils se sont demandé comment retrouver des marges de manœuvre, questionner leurs pratiques entre pairs, sortir de la dictature du court terme. » Bref, « remettre de l’action là où c’était figé ».

Un projet : le contrat social

Et Dieu dans tout ça ? La théologienne du bien commun, soucieuse de « passer de la théologie morale à l’éthique publique » est aussi précise que prudente, attentive à être comprise de tous. « Notre socle est nommé, nous n’avançons pas masqués. »

Par exemple, à ses yeux, la fraternité républicaine peut être lue comme « fondée sur la fraternité en Christ, en”coconstruction ” avec le pacte républicain. Nous participons d’un même projet, le contrat social. »

De même la charité, mot dont elle déplore qu’il soit « déprécié ». Elle y entend un commandement, pour tous : « Dieu, père de tous, m’appelle à être frère. Mon frère n’est pas l’ennemi de ma vie, mais celui avec lequel je vais construire. »

Agir dans le monde

Ses lieux d’enseignement et de recherche, où éprouver et forger ses convictions, ont été et resteront multiples : le Centre de recherche en entrepreneuriat social (CRESO) de l’Université catholique de Lyon, l’Essca (École supérieure des sciences commerciales) d’Angers, la formation des aumôniers hospitaliers (160 heures par an pour une cinquantaine de responsables).

Tous sont animés, aux yeux de Dominique Coatanéa, d’une conviction essentielle : « La veine de l’humanisme chrétien porte l’innovation sociale, par la cohérence de l’articulation entre les convictions croyantes et l’agir dans le monde. »

Et lorsqu’on s’inquiète de voir cantonnée cette recherche au secteur de l’économie sociale, elle réfute : « Partout, les acteurs sont soucieux de bien faire, car il y va de l’estime de soi. Chacun s’interroge : “Où veut-on aller ? En vue de quel projet commun ?” À travers les convictions portées par les hommes et les femmes, un dialogue se construit, non pas que les théologiens deviennent économistes ou vice versa. Mais les questions de sens viennent, de l’intérieur, éclairer le périmètre. (...)

Association DECERE

41 Avenue de la Forêt-Noire
67000 Strasbourg